Dans un article de mai 2018 intitulé « Des vertus méditatives d’un courant d’air », je faisais allusion aux trois principaux substrats de l’existence humaine : la Terre, le Corps et la Technique. Ces « supports d’existence » forment les conditions de possibilités de l’humanité telles que nous la connaissons. Je voudrais aujourd’hui expliciter ces trois notions et préciser pourquoi je les qualifie de substrats. Je discuterais ensuite du déséquilibre engendré par l’hégémonie du substrat technique dans nos existences. Enfin, j’en appellerai à l’existentialisation de son analogue terrestre, c’est-à-dire à la prise de conscience active que celui-ci a un rôle important à jouer dans la définition que nous construisons de nous-mêmes en tant qu’humains dans nos actes quotidiens. Précisons que, peu abordé dans cet article, le Corps fera l’objet d’une réflexion ultérieure.

 

Les trois substrats de l’existence humaine

Il peut paraître relativement banal d’affirmer que sans Terre, sans Corps et sans Technique, l’humain tel que nous le connaissons n’aurait jamais existé. Pourtant, à l’heure où l’ontologie anthropique est plus que jamais questionnée par les progrès des sciences et des techniques, cette remontée vers les principes transcendantaux de notre existence ne me semble pas totalement vaine. Que sommes-nous ? D’où venons-nous ? Quelle conjonction de facteurs nous a rendus possibles (dans l’absolu et tel que nous sommes) ? Et, surtout, que voulons-nous être ?

 

La Terre

J’entends par « Terre » l’écosystème planétaire et naturel favorable à l’émergence de la vie telle que nous la connaissons. Métaphoriquement, la Terre est le berceau spatial et phylogénétique[1] de l’espèce humaine qui, rappelons-le au passage, n’est qu’une espèce parmi des millions d’autres (si la Terre est bien notre planète, il s’agit d’une appartenance génétique et morale, non d’une propriété). En d’autres termes, la Terre est notre « oikos », notre foyer, le terrain où sont réunies les conditions bio-environnementales de notre possibilité en tant qu’êtres vivants. De la Terre nous émergeons.

Je pense que notre existence pâtit aujourd’hui d’une réduction de notre rapport à la Terre à sa dimension vitale au détriment de sa valeur existentielle. En d’autres termes, la culture dominante occidentale hypertrophie la part fonctionnelle du substrat terrestre et se détourne du lien bien plus profond qui l’unit à l’humain et qui pourrait (devrait ?) jouer un rôle dans la façon dont il se réalise au sein de son existence. La Terre devient un « lieu » totalement désubstantialisé, uniquement destiné à assurer la perpétuation de la vie humaine.

 

Le Corps

Si le corps est indéniablement le substrat biologique de l’existence humaine, il serait très réducteur de le limiter à ce rôle. Le corps est également l’ « interface » de nos relations au monde. Il est simultanément porte de sortie du soi et porte d’entrée dans le non-soi qu’est l’extérieur. Le corps conditionne notre accès au monde au sens où il le structure et le rend possible. En parlant ainsi, on pourrait croire que je défends une vision dualiste (séparation du corps et de l’esprit) du sujet humain. Il n’en est rien. Je m’inscris plutôt dans une perspective interactionniste où l’esprit ne préexiste pas au corps mais émerge à partir de ses interactions avec l’extérieur. Quoi qu’il en soit, dans cette perspective, le corps se présente comme le substrat de notre inscription dans le monde. Il nous lie à lui, et la « trace » de ce lien n’est autre que la conscience phénoménale, c’est-à-dire notre capacité à éprouver des expériences subjectives (donc à avoir une subjectivité) à partir de percepts.

Comme la Terre, le Corps peut pâtir d’une conception outrancièrement fonctionnaliste faisant de lui un simple substrat vital. Je vois cependant dans la culture émergente du sport -clairement récupérée par le marketing et pouvant parfois confiner à l’irritante injonction morale, j’en conviens- une opportunité d’existantialisation du Corps.

 

La Technique

La technique, quant à elle, soutient notre mode d’être au monde tout en participant à sa constitution. L’existence humaine s’épanouie dans l’usage d’outils plus ou moins nombreux et plus ou moins complexes[2] qui produisent le monde autant qu’ils nous y donnent accès. La Technique est un relai actif entre le Corps et le monde. Elle « prolonge », complète, augmente le premier pour nous donner accès au second.

Dans L’Être et l’Écran, le philosophe Stéphane Vial qualifie la technique de « matrice ontophanique », c’est-à-dire de structure qui détermine la façon dont les êtres (ontos) nous apparaissent (phaïnô). A l’instar de Kant qui, dans la Citrique de la raison pure, décrit le temps et l’espace comme des « formes a priori de la sensibilité, Vial fait de la technique une structure a priori de la perception. En d’autres termes, les artefacts participent à l’apparition du monde. J’ajoute que cette apparition peut être partiellement ou totalement technicisée. Prenons le cas de ce belvédère pour illustrer une phénoménotechnie[3] partielle.

 

Tous droits réservés 

 

Bien qu’un arbre et un paysage soient des percepts pouvant exister indépendamment d’une structure technique, ici, la scène est comme architecturée par la terrasse formant le point de vue. Nous sommes donc face à un panorama hybride où Terre et Technique se rencontrent pour former une vision singulière. L’esplanade agit sur au moins deux plans : 1) au niveau global, elle offre un stimulus impliqué dans la production du percept plus global présenté par la photographie et 2) au niveau particulier, elle accorde une ontophanie des plus singulières à l’arbre qu’elle accueille. La phénoménotechnie totale, quant à elle, est une expérience où ce que je perçois est intégralement d’origine technique. Cette modalité d’apparition est loin d’être une exception.  Lorsque je passe un appel dans mon bureau, coupé de toute lumière naturelle, j’évolue au sein d’une phénoménotechnie totale. Il en va de même lorsque je suis chez moi, sans accès perceptif sur l’extérieur : mon appartement, la pièce dans laquelle je me trouve, les meubles qui l’agrémentent structurent ma perception en même temps qu’ils la fournissent en contenu. La science-fiction est un genre ou l’on rencontre très fréquemment des descriptions évocatrices de phénoménotechnies totales. Prenons l’exemple de la planète-cité Trantor dans Fondation d’Isaac Asimov. Dès les premières pages, l’auteur décrit l’arrivée du jeune psychohistorien Gaal Dornick sur la capitale de l’Empire Galactique. Sa surface est entièrement recouverte d’un dôme de métal et la majeure partie de l’activité humaine se déroule sous terre. Dornick apprend lors d’une brève excursion touristique que les Trantoriens vivent sans savoir précisément s’il fait jour ou nuit et qu’ils supportent assez mal les rares moments passés à l’extérieur de leur ville cyclopéenne. A la lecture de ces descriptions, on ressent souvent un sentiment ambigu où la fascination se mêle au plus fervent rejet. Ce n’est pas un hasard si la phénoménotechnie totale est fréquemment utilisée pour brosser des portraits dystopiques : elle permet de souligner les déséquilibres dans nos rapports aux substrats et leurs conséquences potentiellement désastreuses.

Pour l’heure, il faut souligner que, outre son pouvoir ontophanique, la Technique médiatise également notre accès au monde sur le plan normatif. L’exemple que je cite souvent, tiré d’une analyse du philosophe hollandais Peter-Paul Verbeek, est celui de l’échographie obstétricale. Au monde naturel, celui de la gestation incarnée par le fœtus et la matrice maternelle, se superpose un monde artificiel, humain, obéissant à ses propres normes. Le monde qui résulte de l’association entre nature et artifice est une construction, un enchevêtrement de normativités tantôt accordantes, tantôt discordantes. Dans le cas de l’échographie obstétricale, ces nouvelles normes sont les suivantes :

 

  • Le fœtus est « isolé » du corps de la mère ce qui lui confère un nouveau statut : il est désormais un être à part entière et des décisions le concernant peuvent être prises justement parce qu’il est « distinct » de sa mère ;
  • Le fœtus intègre un contexte de normes médicales qui font de lui un « patient » potentiel (en cas de trisomie ou de problème avec le cordon ombilical, par exemple) et transforment la grossesse en « processus » médicalisé ;
  • La grossesse devient en partie une question de choix : des analyses peuvent être effectuées et déboucher sur différents types d’interventions ;
  • Le rôle du père est considérablement modifié : il peut voir ce que seule la mère peut naturellement ressentir ;
  • Les parents deviennent décisionnaires : l’échographie peut conduire à l’avortement comme elle peut renforcer le lien émotionnel au futur enfant par le biais des images qu’elle délivre.

 

Qu’elles soient morales ou non, les normes médiatisées par nos artefacts ont un impact des plus conséquents sur notre façon d’être et d’agir dans le monde, ce qui explique pourquoi la Technique est un substrat existentiel et non un substrat vital.

Enfin, la Technique peut également être décrite comme substrat au sens le moins profond du terme et quasi pondéral de « support ». C’est peut-être en lisant Ravage de Barjavel qu’on réalise le mieux à quel point notre civilisation repose presque littéralement sur la Technique. L’auteur y décrit une humanité soudainement confrontée à la disparition de l’énergie électrique et forcée de régresser techniquement. La réflexion porte bien entendu sur notre dépendance envers la technique et sur le contenu à donner au concept de progrès.

 

Problèmes techniques

« L’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie.[4] »

Jean-Paul Sartre

Déséquilibre

 

J’y faisais brièvement référence plus haut, il existe, à mon sens, un déséquilibre plus que favorable à la Technique dans notre rapport aux substrats. L’importance primordiale qu’ont les artefacts eu égard à notre réalisation en tant qu’humain dans l’existence ou, pour le dire autrement, leur rôle existentiel au sein de nos vies est tel qu’il semble occulter celui que Terre et Corps pourraient (devraient ?) y jouer. S’il serait à la fois vain et préjudiciable de nier cette fonction existentielle de la Technique, celle-ci n’en demeure pas moins problématique à certains égards. Je pense notamment à la confusion trop fréquente entre réalisation de soi et consommation. A grand renfort de marketing et de communication, les artefacts se présentent comme des alliés presque exclusifs de notre accomplissement en tant qu’humains ; mais cette hégémonie technique en matière existentielle ne saurait tenir sans les leurres du consumérisme. Ces simulacres finissent par nous faire croire que toute bonne expérience est une expérience technicisée et qu’existentialisme technique rime nécessairement avec bonheur. C’est sous cet angle assez sévère que j’interprète, par exemple, le phénomène des « objets connectés » : trouvez une dimension de nos vies où le marché est encore absent et introduisez-le via une « promesse » réalisable par le biais d’un artefact qui ne manquera pas de stimuler nos inclinations technophiles. Oui, le solutionnisme[5] est aussi existentiel !

Ces considérations me poussent à différencier existentialisme technique fort et existentialisme technique faible.

 

  • Existentialisme technique fort: la technique intervient dans l’existence comme catalyseur d’action, comme mise en mouvement du sujet vers la réalisation de projets dans lesquels il n’aurait pas pu s’investir ou auxquels il n’aurait pas pensé sans médiation artefactuelle. Dans ce cas, la Technique conduit l’humain à agir et à transformer le monde à petite ou grande échelle. L’ampleur du projet importe peu ici ; ce qui compte, c’est l’investissement du sujet au sein d’une ou plusieurs actions orientées vers un résultats que la technique rend possible.

 

  • Existentialisme technique faible: la technique intervient dans l’existence sur le mode du gadget, donc du simulacre existentiel. Le sujet intègre le ou les artefacts dans une construction -souvent identitaire et hédoniste- stérile car elle n’entrera en résonnance avec rien d’autres qu’une pulsion consumériste éphémère. Un gadget est un artefact qui, par inutilité ou inadaptation, ne s’insère dans aucun projet précis. Ce genre d’objet fini souvent au fond d’un tiroir ou sur un site de revente. Le gadget séduit au moment de l’achat car il charrie un univers de promesses en tous genres aptes à nous faire oublier momentanément que nous sommes en réalité en manque de projets authentiquement existentiels (ou que, pour diverses raisons, on ne s’investit pas assez de ceux que l’on a). Sa fonction est donc principalement cosmétique : elle masque un vide que l’on pense pouvoir combler en possédant des choses. Cette perspective me rappelle le discours pascalien sur le divertissement. Si jouer est une façon de fuir la mort, posséder permet d’oublier que nous sommes « condamnés » à être les architectes de notre existence.

 

Une question se pose d’emblée : selon quels critères juger les projets existentiels ? Admettons-le, il est très difficile de répondre à cette question dans le cadre d’un simple article. De plus, je doute de pouvoir proposer autre chose que des bribes de réponses pour l’instant. Il semble toutefois que le piège des relativisme et libéralisme benêts, conduisant à des argumentaires par le néant du type « il y a autant de façon de se réaliser en tant qu’humain qu’il y a d’humains », doive être évité si l’on souhaite dire quelque chose d’intéressant sur le sujet. Ce genre d’arguments ne sert qu’à se défausser du problème à une époque où l’on supporte encore assez mal que les questions d’éthique et de morale sortent de la sphère privée où elles ont été indument emprisonnées.

 

Du joug naturel au joug technique

Cette dimension existentielle de la technique (forte ou faible) est souvent renforcée par un certain discours sur l’essence de l’humain et du progrès. L’un des thèmes les plus récurrents depuis que nous nous considérons « maîtres et possesseurs de la nature » est justement celui de notre surnature. La Technique serait ce par quoi l’humain, depuis sa préhistoire, s’affranchit du joug naturel. C’est la une vision qui 1) laisse peu de place à autre chose qu’à la confrontation avec le substrat terrestre et 2) pèche par son côté parcellaire et sa myopie technophile. En effet, dans notre quête perpétuelle de progrès et d’affranchissement par la technique, nous avons souvent tendance à remplacer un joug par un autre. Ici, je me contenterai d’aborder ce point sous l’angle de l’hostilité. A bien des égards, le substrat technique me fait penser à une jungle camouflée en jardin français : pollution atmosphérique, sonore ou encore visuelle, circulation/congestion automobile, effets secondaires médicamenteux, perturbateurs endocriniens, aliments pathogènes, ondes en tout genre etc., nous naviguons quotidiennement dans un monde technicisé pouvant paraître, sous certains angles, extraordinairement hostile. Certes, la médecine parvient un peu mieux chaque jour à « corriger » les effets délétères que les techniques peuvent engendrer sur notre santé, mais ceci ne doit pas nous faire oublier l’ambivalence foncière des artefacts dans nos vies et l’absurdité de l’écrasante domination de l’existentialisme technique.

 

Existentialiser la Terre

Le film d’animation Wall-E, illustre très bien les conséquences potentielles d’une hégémonie absolue du substrat technique. On y découvre une Terre désolée et inhabitable, ainsi que des humains relégués dans l’espace à bord d’un vaisseau qui constitue désormais leur monde. Sous l’effet d’un assistanat technique total, tous sont devenus obèses, incapables de se mouvoir autrement que sur des fauteuils gravitationnels. Évidemment dystopique, ce film questionne notre devenir, mais aussi notre identité à travers les trois substrats existentiels. Peut-on penser l’humain indépendamment de la Terre et du Corps, comme nous invite certains transhumanistes ? La Terre est-elle à ce point la « nôtre »[6] que nous puissions en disposer comme bon nous semble, y compris pour la saccager ou l’abandonner pour une autre planète comme le suggèrent les chantres de (l’hypothétique) terraformation ? Sommes-nous simplement sur Terre ou plutôt en Terre ? De même, avons-nous un corps ou sommes-nous corps ? Je pose la question pour les deux substrats, mais ici il sera seulement question du premier.

Sans surprise, ma position se situe du côté de l’immanence. Cela ne signifie pas que nous devions nous interdire de transgresser pour (nous) inventer et (nous) réinviter, loin de là, mais simplement que cette transgression doit s’effectuer selon une perspective différente de celle qui préside à notre activité technique actuelle : nous ne sommes pas au-dessus de la Création, mais en son sein. Et cela n’ôte rien à notre « superbe », au contraire. Nous avons historiquement pris le chemin d’un progrès basé sur notre transcendance face au monde. Le point de bascule que nous avons atteint en ce début de XXIe siècle nous impose de repenser notre mode de progression. En nous pensant comme appartenant au monde, plutôt que comme ses propriétaires, ou comme partenaires et connaisseurs de la nature, plutôt que comme ses « maîtres et possesseurs », nous suivrions une voie plus raisonnable et plus riche ! La Terre nous nourrit au sens propre comme au figuré. Ses richesses esthétiques, scientifiques ou encore spirituelles sont infinies.

Le projet de repositionnement anthropique dans l’immanence débute avec la réintroduction du substrat terrestre dans le tissu existentiel de nos vies : nous devons existentialiser la Terre. L’existentialisation consiste attribuer un pouvoir existentiel à une chose, c’est-à-dire à reconnaître (et à ressentir) le rôle que cette chose joue dans la définition agissante et l’action définissante de nous-mêmes au quotidien. L’existentialisation ré-ontologise les objets bafoués par d’anciennes trajectoires existentielles. Une fois existentialisée, la Terre se fait merveille au sens où elle ne va plus de soi et n’est plus chose qu’on humilie. En échappant à toute logique de capitalisation réifiante, elle cesse d’être cette « réserve », ce « fonds disponible à l’exploitation » que nous en avons fait[7] et regagne sa noble place dans l’équation anthropique.

Bien entendu, on ne s’improvise pas Immanent. C’est une position existentielle qui ne peut se répandre qu’à partir d’un contexte intellectuel rendant possible la prise de conscience et donc l’éducation par la volonté. De même, l’existentialisation terrestre ne se décrète pas. Une fois envisagée, elle se cultive, se découvre. A l’instar de la technologie, je pense que la Terre doit trouver le chemin de nos salles de classe sous des formes qui dépassent la seule (ô combien importante) SVT : philosophie écologique, littératures, sorties scolaires suivies de travaux pratiques (littéraires ou scientifiques) etc. Si notre repositionnement dans le monde est un défi face auquel on ne peut rester inactif, et je crois qu’il l’est, alors la thématique transdisciplinaire des liens qui nous unissent est trop importante pour être occultée dans la formation des futurs Immanents.

 

Julien De Sanctis

 

[1] Qui concerne la formation et le développement des espèces vivantes au cours du temps.

[2] L’humain occidental a clairement fait le choix du nombre et de la complexité.

[3] La phénoménotechnie désigne une apparition partiellement ou totalement produite technologiquement.

[4] Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme.

[5] Terme popularisé par le penseur technocritique Evgeny Morozov et désignant l’idée que tout problème peut être résolu par une solution technique.

[6] Sur cette idée d’appartenance (entre autre liée à une forme de suprématie ontologique de l’humain sur Terre), voir la réflexion, plus que contestable à mes yeux, mais non moins intéressante, du sociologue Gerald Bronner dans La planète des hommes. Réenchanter le risque, PUF, 2014.

[7] Martin Heidegger, « La question de la technique », in Essais et conférences, Gallimard, coll. Tel, 2013.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *